
Le Concordat est un accord ou un traité entre l’Église catholique et un État, visant à régler les relations entre l’Église et le gouvernement, notamment en ce qui concerne les questions religieuses et la liberté de culte. Il a joué un rôle significatif dans l’histoire européenne, en particulier depuis l’époque de Charlemagne jusqu’à la fin du XIXe siècle.
- Concordat de Charlemagne (8e-9e siècle) : Le Concordat de Charlemagne est considéré comme l’un des premiers accords de ce type dans l’histoire. Il a été conclu entre Charlemagne, le roi des Francs et futur empereur du Saint Empire romain, et le pape Léon III. Ce Concordat établissait une coopération étroite entre le pouvoir politique de Charlemagne et l’autorité religieuse du pape, donnant à l’Église une influence considérable dans les affaires politiques. Cela a marqué le début d’une longue tradition de relations entre l’Église catholique et les rois européens.
- Concordat gallican (16e-18e siècle) : Le Concordat gallican est un accord signé entre le roi de France et le pape en 1516. Il visait à préserver les privilèges et l’indépendance de l’Église gallicane (l’Église catholique en France) tout en affirmant la suprématie du roi dans les affaires religieuses du pays. Ce Concordat cherchait à limiter l’influence papale sur les nominations ecclésiastiques en France tout en maintenant une certaine autonomie de l’Église nationale.
- Concordat de 1801 (Concordat de Napoléon) : Ce Concordat a été signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII en 1801 après la Révolution française. Il visait à rétablir les relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, mettant fin aux conflits et aux expropriations de biens de l’Église pendant la Révolution. Le Concordat de 1801 a rétabli l’Église catholique en France, mais a également établi le principe de la nomination des évêques par le gouvernement plutôt que par le pape. Cela a permis à Napoléon de maintenir un certain contrôle sur l’Église tout en lui donnant une reconnaissance officielle.
- Concordat de 1813 (pour les territoires allemands) : Après les guerres napoléoniennes, une série de concordats a été signée dans les territoires allemands entre le Saint-Siège et les gouvernements locaux. Ces accords visaient à régler les relations entre l’Église catholique et les États allemands en tenant compte des nouvelles réalités politiques issues des guerres napoléoniennes.
- Concordat de 1860 (pour la Belgique) : Le Concordat de 1860 a été signé entre la Belgique et le pape Pie IX. Il régissait les relations entre l’État belge et l’Église catholique romaine, accordant à l’Église des privilèges spéciaux en matière d’éducation et de financement public.
- Concordat de 1804 (France après la Restauration) : Après la chute de Napoléon, une nouvelle version du Concordat a été conclue en 1804 entre la France et le pape Pie VII. Ce Concordat rétablissait l’Église catholique comme religion dominante en France et établissait son organisation administrative.
- Concordat de 1817 (pour les territoires autrichiens) : Après la défaite de Napoléon, l’Autriche a également signé un Concordat avec le pape Pie VII pour régler les relations entre l’Église catholique et l’État.
- Concordat de 1855 (pour la Prusse) : Le Concordat de 1855 a été signé entre la Prusse et le pape Pie IX, cherchant à résoudre les tensions entre l’État prussien protestant et la minorité catholique.
Finalement, le Concordat de 1869-1870, pendant le pontificat de Pie IX, est à l’origine du Concile Vatican I (1869-1870), au cours duquel la doctrine de l’infaillibilité pontificale a été proclamée. Le concordat a eu une grande importance pour la relation entre l’Église catholique et l’État, notamment en France et dans d’autres pays européens, et a joué un rôle significatif dans l’histoire politique et religieuse de l’Europe jusqu’à la fin du XIXe siècle.
